“Un Peu Moins Imparfaite, Un Peu Plus Piégée,” An Original Poem in French & English

“I needed to abandon/my efforts to/craft a soul so precious/ that no one could know me.”

Jiho Shin ’21

Je me demandais

si j’étais piégée.

Je commençais

à croire au piège

quand j’ai vu les clés.

Elles n’ont pas crié

de douleur

ou pour être sauvées.

Je le savais.

 

Je savais qu’il y avait

du calme

dans le néant.

Mais était-ce vraiment le cas ?

J’ai scellé

mes lèvres

et j’ai regardé

les horizons inexistants.

J’étais une bonne auditrice.

 

Tout le monde

de l’autre côté des barreaux

a approuvé

ma prétendue sagesse.

 

Une artiste sans voix

qui résiste

à un pitoyable monde

d’effondrement,

ils murmureraient sous le choc

si je secouais les yeux.

Il y avait un problème.

Personne ne me connaîtrait.

Le calme ?

Je n’ai jamais trouvé ça.

 

Ils m’ont souri.

J’ai gelé.

J’ai dû abandonner

mes efforts pour

créer une âme si précieuse

que personne ne puisse me connaître,

que personne ne puisse me chercher.

Je souhaite que

ma petite moi ait vu

le vide

dans ses tentatives incessantes

de le combler,

que ce qu’elle a couru après,

c’était de la vanité.

 

Pourquoi ne puis-je pas

me souvenir de mes propres rêves?

Et vous,

du temps,

pourquoi ne voyez-vous pas

que j’ai simplement peur

de vous perdre?

Parce que tout ce que j’entends,

c’est une enfant sans défense

dévorée par un océan furieux

sanglotant et sanglotant

pour son enfance emportée

par la vague sans merci.

A Little Less Imperfect,

A Little More Trapped

I was wondering

if I was trapped

I was beginning

to believe in the trap

when I saw the keys

They didn’t cry

of pain

or for rescue.

I knew it.

I knew there was

Calm

in silence.

But was it truly so?

I sealed

my lips

and I gazed

at the nonexistent horizons.

I was a good listener.

Everyone

on the other side of the bars

approved

of my pretended wisdom.

 

An artist without voice

who resists

against a pitiful world

on the brink of collapse,

they would murmur in astonishment

if I twitched an eye.

 

There was a problem.

No one would know me.

The calm?

Never found it.

They smiled at me.

I froze.

I needed to abandon

my efforts to

craft a soul so precious

that no one could know me,

that no one could search for me.

I wish

my little self had seen

the void

within her relentless attempts

to fill it,

that what she was chasing after

was vanity.

Why can’t I

remember my own dreams?

And you,

Time,

why can’t you see

that I’m simply afraid

of losing you?

Because all I can hear

is a helpless child

devoured by a furious ocean

sobbing and sobbing

for her childhood lost

in the merciless wave.